FAO : Plus de la moitié de la population yéménite est en crise ou pire. La sécheresse menace les récoltes et aggrave l’insécurité alimentaire.

La FAO avertit : Plus de la moitié de la population yéménite en situation d’insécurité alimentaire
Une crise alimentaire alarmante
L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a récemment confirmé que la crise d’insécurité alimentaire au Yémen, particulièrement dans les zones contrôlées par les milices houthis, a atteint un stade critique. Cette situation résulte de la poursuite du conflit, des conséquences économiques, des crises de financement et des chocs climatiques croissants.
Dans son dernier bulletin de marché, la FAO a indiqué que le Yémen fait face à un augmentation significative de l’insécurité alimentaire aiguë. Plus de 53 % de la population se trouve dans une situation de crise ou pire, selon le Cadre d’analyse intégré de la sécurité alimentaire (IPC). Le pays enregistre également le taux le plus élevé au monde de cas en phase d’urgence (phase quatre).
Une dépendance accrue à l’agriculture
La vulnérabilité de la situation s’aggrave, car plus de 60 % des ménages ruraux dépendent de l’agriculture pour leur subsistance. Les chocs économiques, tels que des lacunes de financement sévères, exacerbent cette fragilité. En effet, seulement 14 % du financement nécessaire a été sécurisé jusqu’en juin. De plus, la dévaluation de la monnaie et la baisse du pouvoir d’achat compliquent encore la situation.
La FAO souligne que ces pressions internes sont amplifiées par des conflits géopolitiques régionaux, notamment les troubles affectant le commerce et l’énergie dans le détroit d’Hormuz. Cela a entraîné une hausse des coûts du carburant à l’échelle mondiale, impactant les prix du transport, de la nourriture et des chaînes d’approvisionnement agricoles au Yémen.
Un risque de sécheresse accru
La FAO prévoit une aggravation de la crise dans les mois à venir en raison d’un choc climatique lié à l’El Niño. Ce phénomène pourrait réduire l’activité des moussons pendant la saison agricole d’automne (juillet-septembre 2026). Les modèles climatiques indiquent une probabilité de plus de 70 % de précipitations inférieures à la normale dans tout le pays, avec un déficit dépassant 80 % dans les zones agricoles du sud, du centre et de l’ouest, en plus d’un stress thermique intense.
Ce phénomène de sécheresse menace les cultures principales, telles que les céréales et les légumes, et accélère la dégradation des pâturages. Par conséquent, le pourcentage de ménages agricoles nécessitant une aide d’urgence pourrait passer de 36 % à 55 %. La FAO appelle donc à une action urgente avant la mi-août pour éviter un déclin supplémentaire dans les provinces prioritaires : Hodeida, Taiz, Ibb, Dhamar et Al Mahwit.
Conclusion
La situation au Yémen nécessite une attention immédiate. Les défis économiques et climatiques, combinés à des conflits persistants, mettent en péril la sécurité alimentaire de millions de personnes. Des efforts concertés sont essentiels pour atténuer cette crise et soutenir les populations vulnérables.
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