Économie

Un rapport de terrain révèle l’effondrement du niveau de vie dans les quartiers sud de Téhéran, avec l’achat de nourriture à crédit devenu quotidien.

Faits Saillants
  • Les quartiers sud de Téhéran subissent un effondrement sans précédent du niveau de vie.
  • L'inflation annuelle en Iran atteint des niveaux record, notamment 127,5% pour les aliments.
  • Les habitants demandent régulièrement des produits alimentaires à crédit, situation de plus en plus courante.
  • La pauvreté affecte la confiance sociale, avec des retraités luttant pour subvenir à leurs besoins.

Les quartiers sud de Téhéran connaissent un effondrement sans précédent du niveau de vie

Les quartiers sud de la capitale iranienne, Téhéran, subissent un effondrement sans précédent du niveau de vie. L’économie locale a perdu son rythme, laissant place à un combat quotidien pour la survie dans des zones comme la rue Mokhtari et Darvazeh Ghar, où les travailleurs et les classes défavorisées vivent dans des conditions de plus en plus difficiles.

Pauvreté visible dans les rues… pas de chiffres dans les tableaux

La pauvreté dans ces régions n’est plus qu’un chiffre dans les statistiques officielles. Elle est devenue une partie du paysage quotidien. Des files d’attente interminables se forment pour obtenir de petites quantités de viande ou d’os de poulet, tandis que les magasins peinent à vendre à crédit, épuisés par la montée des prix.

Selon l’agence Ilna, le poids de cet effondrement économique pèse surtout sur les femmes des familles ouvrières, avec une augmentation des demandes d’achats à crédit alors que la capacité des magasins à continuer à vendre à crédit diminue.

Inflation record qui ronge les tables des pauvres

Les statistiques officielles indiquent que l’inflation annuelle en Iran a atteint, en août :

  • 89% sur une base annuelle
  • 69,9% d’inflation générale annuelle
  • 127,5% d’inflation pour les groupes alimentaires et de boissons

Ces chiffres montrent que les produits de première nécessité – de la viande et du poulet aux œufs, riz et pain – sont devenus inaccessibles pour les familles à faible revenu. Des estimations indépendantes suggèrent qu’un revenu mensuel d’environ 90 millions de tomans est nécessaire pour subvenir aux besoins d’une famille, un chiffre qui ne reflète pas la réalité quotidienne visible dans les rues.

Magasins vides… et clients demandant du pain à crédit

Dans la rue Mokhtari, les propriétaires de magasins partagent des histoires de clients demandant du pain et des produits alimentaires à crédit, tandis que certains affichent des panneaux sur leurs vitrines interdisant les ventes à crédit en raison de leur incapacité financière.

Un boucher du quartier affirme que son activité aurait disparu sans les subventions et les bons d’achat, précisant que les demandes d’achats à crédit ont considérablement augmenté, mais qu’il ne peut plus y répondre que pour ses clients fidèles.

Effondrement de la confiance sociale

La pauvreté ne vide pas seulement les poches, elle frappe aussi la confiance sociale. Les retraités font la queue pour du pain, leurs pensions ne suffisant pas pour une semaine, tandis que les magasins refusent de vendre à crédit, craignant de ne pas pouvoir compenser les pertes face à la hausse des prix chaque heure.

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