Depuis le 2 mars, les frappes israéliennes sur le sud du Liban se poursuivent, entraînant des dommages considérables dans des dizaines de villages et localités, qui ont été « effacés de la carte », selon les témoignages de résidents, de déplacés et de responsables locaux. Des images satellites révèlent l’ampleur de ces destructions, avec plus de 50 000 unités de logement touchées depuis le début des affrontements entre les forces israéliennes et le Hezbollah, selon l’agence France Presse.
Les conséquences humaines de cette guerre sont dévastatrices. Farah, 33 ans, déplacée de la localité frontalière de Yaroun, a exprimé son désespoir : « Tout est détruit… Il ne nous reste que des souvenirs et quelques photos. La guerre a pris notre enfance, nos souvenirs et notre maison. » Elle a appris la destruction de son domicile grâce à une image satellite acquise il y a deux semaines.
Les frappes aériennes intensifiées, qui se sont accentuées après l’annonce d’un cessez-le-feu le 17 avril, ont touché de nombreux secteurs, dont :
Des déplacés de plusieurs localités ont dû débourser jusqu’à 140 dollars pour des images satellites afin de connaître le sort de leurs maisons, particulièrement dans les zones où Israël interdit le retour.
À Yaroun, parmi les 800 maisons, 580 avaient déjà été détruites lors de la guerre de 2023-2024. La guerre actuelle a annihilé le reste, y compris l’Église Saint-Georges, dont il ne reste que trois murs. À Bint Jbeil, les images satellites montrent que la ville a été réduite à des décombres presque complets en seulement un mois, y compris son stade emblématique, d’où Hassan Nasrallah avait prononcé son « discours de libération » en 2000.
Lors d’une présentation au Conseil national de la recherche scientifique à Beyrouth, le secrétaire général Chadi Abdallah a illustré les destructions par des images avant et après. Il a déclaré : « La plupart des bâtiments à Bint Jbeil se sont effondrés. Ce qui se passe n’est pas une opération militaire, mais une destruction de la terre, des gens et des pierres. » Le Conseil a accusé Israël de commettre une « éradication urbaine », une stratégie visant à effacer des zones entières de la carte et à déraciner leurs habitants.
Les chiffres sont alarmants : selon une enquête du Conseil national de la recherche scientifique, plus de 290 000 unités de logement ont été endommagées depuis 2023, dont 61 000 depuis le début de la dernière guerre. Environ 6 000 unités ont été complètement détruites pendant le cessez-le-feu, tandis que 6 000 autres bâtiments ont été partiellement endommagés et pourraient être démolis ultérieurement. Les autorités libanaises rapportent également plus de 3 000 décès dus aux frappes israéliennes.
Malgré le début de négociations directes entre le Liban et Israël à Washington le mois dernier, les premières en des décennies, Israël continue de mener des frappes quotidiennes, prétendant cibler le Hezbollah, tout en poursuivant des opérations de démolition dans les zones frontalières. L’armée israélienne émet également des alertes d’évacuation quotidiennes pour des villages et des localités, parfois éloignés de la frontière, aggravant ainsi les souffrances des habitants et des déplacés.
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