La réseau yéménite pour les droits et libertés a documenté plus de 22 165 cas d’arrestations, de kidnappings, de disparitions forcées, ainsi que de torture physique et psychologique commis par la milice الحوثي depuis le 21 décembre 2014 jusqu’au 1er août 2026. Ce constat alarmant provient d’un rapport intitulé “Les prisons des الحوثي : de la répression à l’extorsion politique”.
Le rapport révèle que 5 326 civils demeurent emprisonnés par la milice, incluant des politiciens, des activistes, des journalistes, des enfants, des femmes, des enseignants, des universitaires, des juges, des médecins, ainsi que des étrangers et des réfugiés africains. Parmi eux, 54 employés des Nations Unies et d’organisations internationales sont également concernés.
Le rapport met en lumière 2 678 cas de disparitions forcées, touchant 158 femmes et 137 enfants. Ces disparitions constituent une double peine pour les victimes et leurs familles, qui vivent dans l’angoisse sans connaître le sort de leurs proches. De plus, 1 937 cas de torture physique et psychologique ont été documentés, dont 476 cas ayant entraîné la mort, impliquant des enfants, des femmes, des personnes âgées et un employé des Nations Unies. Le rapport signale également le décès de 166 personnes en détention, dont 56 par exécution, 79 par négligence médicale, et 31 par crises cardiaques.
Le rapport souligne que 218 personnes ont subi des incapacités permanentes et des maladies chroniques à cause de la torture. Ces violations ne sont pas des incidents isolés, mais plutôt un comportement systématique dont les dirigeants de la milice portent la responsabilité. La capitale, Sanaa, enregistre le plus grand nombre de violations, avec 518 cas de torture, suivie par Sanaa avec 456 cas, ainsi que Hajjah, Ibb, Al Hudaydah, et Taiz. La milice a également été impliquée dans la mort de 28 personnes dans la prison de la ville de Al-Salih à Hawban.
Le rapport révèle l’existence de 778 prisons gérées par la milice الحوثي dans les zones sous leur contrôle. Parmi celles-ci, 368 prisons officielles ont été saisies, et 273 prisons secrètes se trouvent dans des caves, des sites militaires, des institutions gouvernementales et des bâtiments civils. La milice a transformé ces lieux de détention en instruments de répression et d’extorsion politique. Les arrestations se font en dehors du cadre légal, et les aveux sont obtenus sous la torture, tandis que les familles sont privées d’informations sur le sort de leurs proches.
Le réseau yéménite renouvelle son appel à mettre fin à ces crimes. Il insiste sur le fait que la libération des détenus, la révélation du sort des disparus, et la responsabilité des coupables constituent des obligations légales et humanitaires qui ne doivent pas être négociées. Les détenus ne sont pas des pions politiques, mais des êtres humains ayant droit à la liberté, à la dignité et à la justice.
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