La Ministre des Affaires Étrangères et des Yéménites à l’Étranger, Dr. Afrah Al-Zouba, a affirmé que le gouvernement a entamé une phase de restauration de l’État après avoir épuisé les opportunités de calme. Elle a souligné que toute future opération politique doit aboutir à la fin du coup d’État, au retour des institutions, et à la centralisation des armes ainsi que des décisions de guerre et de paix entre les mains de l’État.
Dans une interview avec le journal « Asharq Al-Awsat », la ministre a déclaré : « L’objectif de la phase actuelle est d’établir l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national, de préserver l’unité du Yémen, sa souveraineté, son indépendance décisionnelle et l’intégrité de ses terres. »
Elle a ajouté : « Nous n’avons pas abandonné la paix, mais nous avons renoncé à l’illusion d’une paix qui maintient les armes en dehors de l’État. Il est inacceptable que le droit des Yéménites à leur État soit suspendu à la volonté d’un groupe armé. »
La ministre a précisé que Son Excellence le Président Dr. Rashad Mohammed Al-Alimi, Président du Conseil de Direction Présidentiel, a annoncé la décision de restaurer l’État en se basant sur la responsabilité constitutionnelle et conformément aux décisions du Conseil de Défense National. Elle a noté que « Fajr Al-Yemen » n’est pas seulement le nom d’une opération militaire, mais une promesse que la guerre se terminera par un État. Elle a également mentionné le soutien des forces politiques et communautaires autour du projet d’État et le soutien à ses institutions et forces armées.
La ministre a indiqué que l’État a offert toutes les chances possibles pour des efforts de paix, mais que la milice Houthis a réagi par une intensification des mobilisations, des escalades et des attaques contre les civils, les installations nationales, les pays voisins et les voies maritimes internationales.
Elle a insisté sur le fait que l’utilisation de la force par l’État constitue un moyen de protéger les citoyens et d’appliquer la loi, et non un substitut à la politique. La diplomatie accompagne ces efforts en mobilisant un soutien politique et humanitaire, tout en refusant de traiter avec la milice comme une autorité parallèle à l’État.
La ministre a salué le soutien politique, militaire et économique de l’Arabie Saoudite. Elle a confirmé que la coordination avec le Royaume d’Arabie Saoudite est étroite et continue, régie par un partenariat stratégique et un objectif commun : mettre fin au coup d’État et restaurer l’État.
Elle a également loué le renouvellement du soutien total du Conseil des Ministres saoudien au Conseil de Direction Présidentiel, au gouvernement et au peuple yéménite, ainsi que le soutien des opérations aériennes et opérationnelles de la coalition depuis le lancement de « Fajr Al-Yemen ». Elle a souligné que les avancées sur le terrain résultent des sacrifices des forces et de leur cohésion, ainsi que de la volonté nationale, en plus de ce soutien significatif.
La ministre a évoqué un soutien international croissant aux institutions de l’État, comme en témoignent ses rencontres lors de la 81ème session de l’Assemblée Générale des Nations Unies. Elle a affirmé que le véritable critère de ce soutien réside dans son impact sur la capacité de l’État à protéger ses citoyens et à restaurer ses institutions.
Elle a défini les priorités de coopération avec les partenaires pour renforcer les capacités défensives et sécuritaires, tant terrestres que maritimes, et pour appliquer l’embargo sur les armes conformément à la résolution 2216 du Conseil de Sécurité, afin de couper les approvisionnements iraniens. Elle a également exprimé son souhait de traduire les positions de soutien en programmes pratiques avec des délais clairs.
La ministre a décrit la position américaine comme claire dans son soutien au gouvernement et à son droit de défendre son peuple. Elle a mentionné la demande de Washington pour le retrait des Houthis des zones qu’ils ont occupées, l’arrêt du soutien iranien, et l’application complète de l’embargo sur les armes. Elle a confirmé que le gouvernement travaille sur une coopération tangible proportionnelle à l’ampleur de la menace, afin de permettre à ses institutions de remplir leurs devoirs et de renforcer leur stabilité économique.
La ministre a établi un lien entre la restauration de l’État, la sécurité régionale et la navigation internationale. Elle a affirmé que la sécurité du Bab el-Mandeb commence sur la côte, et que la protection des navires en mer reste une solution incomplète tant que la terre constitue une menace. Elle a averti contre les assurances sélectives des Houthis de ne pas cibler certains navires, car cela maintient leur capacité à attaquer d’autres et leur donne du temps pour se réarmer. Elle a souligné que la liberté de navigation est un droit pour tous les pays, et non un privilège accordé par un groupe armé.
La ministre a signalé que la milice Houthis a ciblé plus de 100 navires commerciaux depuis novembre 2023, en coulant plusieurs d’entre eux et en causant des dommages à des dizaines d’autres. Elle a également mentionné l’enlèvement d’un navire et la détention de dizaines de membres d’équipage, tandis que ses attaques ont causé la mort de marins et de sauveteurs yéménites.
La ministre a affirmé que le soutien iranien aux Houthis est prouvé par des preuves documentées et les conclusions de l’équipe d’experts des Nations Unies, ainsi que par des saisies d’armes. Elle a appelé à poursuivre les fournisseurs, les intermédiaires et les financiers, à démanteler les réseaux d’achat, de transport et de contrebande, et à stopper le transfert de technologies et d’expertises militaires. Elle a insisté sur le fait qu’il ne faut pas réduire le dossier yéménite à une confrontation avec l’Iran, car le danger des Houthis ne disparaîtra pas automatiquement avec un apaisement avec Téhéran, tant qu’ils s’accrochent au pouvoir, aux armes et aux ressources.
La ministre a réaffirmé que la protection des civils, le respect du droit international humanitaire et la facilitation de l’aide humanitaire sont des obligations pendant et après les opérations. Elle a souligné que la responsabilité de l’État s’étend aux citoyens dans les zones contrôlées par la milice.
Elle a renouvelé l’affirmation que toute solution doit se fonder sur les références établies, la légitimité constitutionnelle et l’égalité des citoyens, avec pour essence la fin du coup d’État et le retour des institutions, et non le partage du pouvoir avec les armes.
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