Le ministre de l’Information, Muammar Al-Eryani, a exprimé des préoccupations majeures concernant l’initiative du régime iranien de créer un pont aérien direct avec les milices houthistes. Selon lui, cette démarche ne doit pas être considérée comme un simple nouveau chemin de contrebande. Au contraire, elle représente une tentative de renforcer le soutien à la milice, offrant à Téhéran une capacité accrue pour un approvisionnement rapide et régulier.
Al-Eryani a souligné que le transport aérien diffère fondamentalement des routes de contrebande maritimes traditionnelles. En effet, il réduit le temps d’approvisionnement de plusieurs jours à quelques heures. De plus, il diminue les chances d’interception et de contrôle, facilitant ainsi l’acheminement d’équipements sensibles, de pièces de rechange, de technologies militaires et d’experts du Corps des Gardiens de la Révolution islamique.
Le ministre a averti que le plus grand danger de ce nouveau couloir réside dans la possibilité pour l’Iran de transférer des personnalités militaires, sécuritaires et des experts en missiles et en drones. Cela permettrait d’introduire et d’extraire ces individus de manière plus discrète, profitant de l’absence de supervision par le gouvernement légitime. Ainsi, l’aéroport de Sanaa pourrait devenir une plateforme logistique avancée pour le projet iranien dans la région.
Al-Eryani a également noté que les risques ne se limitent pas au mouvement des personnes. Ils s’étendent à la difficulté de vérifier la nature des cargaisons si les vols opèrent en dehors du contrôle de l’État. Cela pourrait faciliter le transport de composants de haute valeur, tels que des circuits électroniques et des systèmes de communication, qui sont essentiels au développement de missiles et de drones.
Le ministre a insisté sur le fait que permettre la création de ce pont aérien équivaut à offrir à l’Iran un passage sûr et durable pour gérer ses opérations au Yémen. Cela contournerait les restrictions imposées à ses réseaux maritimes et compromettrait le système de sanctions internationales. Il a donc appelé la communauté internationale, les Nations Unies et le Conseil de sécurité à prendre des mesures fermes pour empêcher l’utilisation de l’aviation civile comme couverture pour le soutien militaire aux milices houthistes.
Al-Eryani a réaffirmé que cette question dépasse le simple fonctionnement d’une ligne aérienne. Il s’agit de prévenir l’établissement d’un couloir stratégique qui pourrait redéfinir le système d’approvisionnement militaire iranien dans la région. La gouvernement yéménite prendra toutes les mesures nécessaires, conformément au droit international, pour protéger la souveraineté du Yémen et empêcher l’exploitation de son territoire au service du projet iranien.
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