L’incident impliquant Laila Al-Maqtari, victime de harcèlement à un point de contrôle de la sécurité de Baajel, contrôlé par les Houthis, met en lumière une situation alarmante pour les femmes dans les zones sous leur contrôle. Les routes et les points de contrôle se sont transformés en espaces de peur et d’anxiété quotidienne.
Des témoignages de femmes de Sanaa et d’autres provinces révèlent que les points de contrôle houthistes représentent un obstacle psychologique et sécuritaire pour la circulation des femmes. Les procédures arbitraires, les interrogatoires prolongés et le traitement humiliant créent un sentiment constant que la femme est « suspecte simplement pour avoir tenté de passer ».
De nombreuses citoyennes affirment que l’idée de quitter leur domicile devient un fardeau supplémentaire. Elles ne peuvent pas prévoir la nature de l’abus ou l’humeur des agents de sécurité qu’elles pourraient rencontrer à tout moment.
Les violations ne se limitent pas aux routes. Elles s’étendent également aux institutions officielles et aux bureaux fermés, englobant :
Des organisations de droits humains, tant locales qu’internationales, ont documenté au cours des dernières années des formes variées de violations à l’encontre des femmes dans les zones contrôlées par les Houthis, alors qu’aucune entité indépendante ne peut défendre les victimes.
Des militantes des droits des femmes soulignent que beaucoup de femmes craignent de signaler les violations par peur de représailles ou de stigmatisation sociale, surtout lorsque l’agresseur fait partie des forces de sécurité ou militaires houthistes. Cela rend la confrontation presque impossible pour la victime.
Une militante de Sanaa déclare : « De nombreuses femmes préfèrent se taire car le prix de la confrontation est extrêmement élevé. »
L’avocate Taysir Qassem souligne que le principal obstacle pour les femmes n’est pas le texte légal, mais l’environnement qui l’entoure. Avant de signaler une agression, la victime se demande : « Qui me protègera si je parle ? » Elle insiste sur le fait que la justice commence par la création d’un environnement sûr, permettant aux femmes de raconter leurs souffrances sans craindre de représailles, ce qui fait défaut dans les zones sous contrôle houthiste.
La peur ne touche pas seulement les femmes, mais l’ensemble de la société. Beaucoup choisissent le silence, car affronter une entité puissante et influente « peut être très coûteux », selon des témoignages de citoyens de Sanaa.
Les défenseurs des droits affirment que la protection des femmes ne peut pas dépendre des discours politiques. Ils insistent sur le fait que les droits des femmes ne sont pas une question à remettre à plus tard après la guerre, mais font partie intégrante de la question humanitaire au Yémen.
Ils mettent en garde contre le fait que le silence permet aux coupables de se sentir en sécurité et encourage la répétition des violations. La divulgation et la responsabilité représentent le premier pas vers la justice.
L’histoire de Laila Al-Maqtari soulève une question plus vaste : Combien d’histoires similaires restent-elles enfermées dans la peur derrière des portes closes ?
L’impunité des abus devient un message de menace pour chaque femme. La victime qui parle aujourd’hui ne demande pas un privilège, mais son droit naturel d’être traitée comme un être humain, et de bénéficier d’une loi qui la protège lorsque le danger se présente.
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