Un rapport récent de la Réseau yéménite des droits et libertés a documenté 3 665 violations graves commises par la milice Houthi, soutenue par le régime iranien, dans les provinces sous son contrôle durant l’année 2025 et le premier semestre de 2026. Ces violations constituent des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité.
Le rapport révèle que l’équipe de terrain a enregistré 486 meurtres et 284 blessures causées par des attaques directes des miliciens. De plus, le document mentionne 18 explosions de maisons, 1 974 cas de perquisitions et de pillages de domiciles, ainsi que 432 enlèvements et disparitions forcées touchant des femmes, des enfants et des personnes âgées.
La Réseau a reçu 574 signalements de familles de détenus indiquant que leurs proches subissent des tortures et des mauvais traitements dans les prisons Houthii. Ces personnes sont privées des droits les plus élémentaires, alors que des bâtiments gouvernementaux se transforment en centres de détention où se déroulent diverses formes de violations.
Le rapport souligne que les milices ont lancé des campagnes de poursuite et d’arrestation contre les journalistes, les médias et les défenseurs des droits humains. Cette situation a contraint la plupart d’entre eux à fuir les zones contrôlées par les Houthii, entraînant une quasi-absence de médias indépendants. La documentation des violations repose désormais sur des observateurs travaillant dans l’ombre, exposés à des risques mortels.
Le rapport documente le pillage et la confiscation des bureaux d’organisations de la société civile et d’organisations humanitaires. Certaines de ces organisations ont été transformées en prisons, tandis que d’autres ont servi de façade pour s’approprier l’aide humanitaire.
Le rapport indique que les milices ont monopolisé les produits pétroliers (diesel, essence, kérosène) et les revendent sur le marché noir à des prix atteignant dix fois le prix réel. Cette situation a entraîné l’arrêt de milliers d’activités économiques, la paralysie des pompes d’irrigation, la baisse des activités de pêche, la fermeture d’entreprises et le licenciement de travailleurs. De plus, les prix des denrées alimentaires ont augmenté en raison des coûts de transport accrus.
Les provinces d’Ibb, de la capitale et d’Al Hudaydah figurent en tête de la liste des zones les plus touchées par ces violations, selon le rapport.
Le rapport met en lumière l’enregistrement de plus de 31 000 crimes dans les zones contrôlées par les Houthii durant la même période, avec une augmentation de 68%. Cela témoigne de la transformation de ces régions en environnements propices à la criminalité et à la corruption organisée, où l’impunité règne en maître.
Ce rapport souligne l’urgence d’une intervention internationale pour protéger les droits humains au Yémen et mettre fin à ces violations alarmantes.
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