À la périphérie de la ville d’Adène, des dizaines de logements précaires se côtoient. Ces structures, qui ne ressemblent pas à des tentes traditionnelles, sont plutôt des abris construits en feuilles de palmier, en tissus usés et en plastique, fixés à des poteaux en bois rongés par le soleil et le vent. Dans ces espaces étroits, des milliers de déplacés vivent année après année, attendant un avenir incertain.
Sous le soleil brûlant d’Adène, des enfants traversent des allées poussiéreuses, pieds nus, tandis que des familles s’entassent dans des habitations qui ne protègent ni de la chaleur estivale ni des pluies hivernales. Un déplacé témoigne : « Le déplacement nous a pris notre maison, notre travail et notre santé, nous laissant dans la chaleur, la faim et la maladie. »
Les données indiquent que le Yémen compte 4,5 millions de déplacés internes, dont plus de 3 millions vivent dans des provinces sous contrôle du gouvernement légitime, avec environ 500 000 dans des camps. Marib est la province qui accueille le plus grand nombre de déplacés, suivie de Taëz, Adène, Al-Hudaydah et Hadramout.
Cependant, ces chiffres ne reflètent pas entièrement l’ampleur de la tragédie. Dans les camps d’Adène, la crise se manifeste par des abris fragiles, une faim récurrente, des maladies non traitées et des enfants exclus du système éducatif.
Les enfants représentent environ 45 % des déplacés. Beaucoup ne vont pas à l’école, non pas par manque d’envie, mais parce que leurs familles ne peuvent pas fournir de nourriture ou payer les frais scolaires. Certains d’entre eux sont contraints de travailler pour ramasser du plastique afin d’aider leur famille.
Le rapport documente des cas de santé tragiques, y compris des patients atteints de paralysie permanente et des enfants ayant subi des handicaps en raison de l’absence de soins médicaux. Un père témoigne : « Je n’ai pas pu les sauver… Je n’avais pas les moyens pour le traitement ni pour le transport. »
Les familles dépendent de camions d’eau qui viennent par des initiatives individuelles. Le rapport révèle que 76 % des familles déplacées n’ont pas accès à une alimentation suffisante, et 87 % des camps souffrent d’un manque de diversité alimentaire.
En plus de la faim et des maladies, certains déplacés subissent un discours de haine qui les dépeint comme une menace démographique, selon un rapport des droits humains. Des plaintes concernant des violations ont également été signalées lors des opérations de recensement dans certains camps.
Malgré la dureté de la vie, le retour semble impossible pour de nombreuses familles. Les maisons sont détruites, les craintes pour la sécurité persistent et les sources de revenus font défaut. Un déplacé exprime : « Nous voulons rentrer, mais où ? »
Entre un abri qui ne protège ni de la chaleur ni de la pluie et une maison lointaine à laquelle il est impossible de revenir, la vie de milliers de déplacés demeure suspendue dans l’attente. Les années passent, les visages des enfants grandissent, et les abris se dégradent, tandis que l’espoir d’un retour sûr et digne reste en suspens.
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